Alors il faudra que tu te battes pour moi. Et je t'aimerai.
Oui, j'aimerais que tu te battes pour moi.
Lumière douce, diffuse, du soir. Je tombe de fatigue. Les heures infinies à l'accompagner, la tristesse de me voir déjà partir, la tristesse plus grande encore de ne pas savoir quand je pourrais revenir, revenir à la vie. L'alcool et les parfums lourds des samedis soirs, les plaines parisiennes et les autoroutes noires, les nuits blanchies avec P. (comme au collège, à parler de garçons, de garçons, de garçons, -mais toujours les mêmes au fond -, descendant les escaliers sur la pointe des pieds au petit matin blanc pour aller voler quelque chose à grignoter dans la cuisine) - je tombe de fatigue, et puis aussi, à la sortie du métro sombre et souffreteux, après une dernière volée d'escaliers qui semble interminable, je ferme les yeux et je tombe dans ses bras.
Il fait nuit noire déjà et je suis encore à moitié en pyjama. Enfin, je dis ça pour la forme parce que j'ai horreur des pyjamas. Je pense à N hier soir qui m'a bordée comme une enfant. je pense à N hier soir et je pense à N tout le temps. J'enfile une robe et des gants. je descends dans la rue un instant, acheter des fleurs et prendre le vent.
